Zoom sur Thierry Walzer, Directeur de recherche Inserm au CIRI

Thierry WALZER a réalisé sa thèse à Lyon sur les lymphocytes T CD8 mémoire, puis un postdoc à Seattle, aux USA, portant sur la migration cellulaire. En 2004, il a rejoint le laboratoire d’Eric Vivier à Marseille où il a étudié les cellules Natural Killer. En 2009, il a créé son équipe au CIRI qui travaille sur l’immunité innée.

Quelle est votre vision de la place de la cancérologie au CIRI ?

Cancérologie et infectiologie sont étroitement liées à différents niveaux. On estime ainsi qu’un quart à un tiers des cancers humains à une origine infectieuse. Des associations directes ont été décrites (par exemple entre HPV et le cancer du col de l’utérus) et il est probable que de nombreux cancers soient aussi indirectement liés à des infections, qui favoriseraient par exemple des environnements inflammatoires.  A l’inverse, les infections par des pathogènes opportunistes sont un problème majeur chez les patients immunodéprimés par des traitements de chimiothérapie contre le cancer. Enfin, de nombreux cancers sont aujourd’hui traités par immunothérapie suivant des protocoles qui sont similaires à ce qui peut être utilisé pour le traitement ou la prévention de maladies infectieuses. Ainsi, bien que les objectifs de recherche au CIRI soient centrés sur l’infectiologie, ils concernent également indirectement la cancérologie, et nos efforts dans la compréhension des infections et dans la découverte de nouveaux traitements pourraient clairement trouver des applications en cancérologie.

Vous avez récemment été lauréat du Programme Labellisé Fondation ARC sur « Les bases moléculaires de la réponse des cellules Natural Killer ». Pouvez-vous nous décrire les projets que vous allez développer dans ce cadre-là ?

Les cellules Natural Killer (NK) sont un élément important de notre arsenal immunitaire, capables d’éliminer aussi bien des cellules infectées que des cellules tumorales, par des mécanismes de cytotoxicité. Leur fonction est cependant souvent diminuée chez les patients atteints de cancer ou d’infections chroniques. Ce phénomène rappelle l’ « épuisement » des lymphocytes T CD8 infiltrant les tumeurs. Mon projet à l’ARC vise à mieux comprendre comment la réponse des cellules NK est contrôlée, et par quels mécanismes elle peut être diminuée en condition pathologique. Notre hypothèse est que le contrôle du métabolisme énergétique joue un rôle clé dans les fonctions des cellules NK. Notre projet vise à étudier ce métabolisme dans différentes conditions et également à identifier de nouvelles molécules capables de bloquer l’épuisement des  cellules NK, en utilisant différentes approches innovantes (« screens Crispr/Cas9, cytométrie de masse etc) et des modèles murins.

Quel soutien le Cancéropôle CLARA a-t-il pu vous apporter et comment voyez-vous son action à l’avenir ?

Sur une initiative de Christophe Caux et moi-même, le CIRI et le CRCL ont organisé en février 2017 le premier symposium international sur la réponse immunitaire dans le cancer et les infections (IRCI, immune responses in cancer and infections). Ce congrès a réuni près de 400 chercheurs, cliniciens et industriels pendant 3 jours. Cet événement très bénéfique pour toute la communauté immunologiste régionale a été organisé grâce à une forte mobilisation des acteurs du domaine comme le CLARA. Nous espérons que le CLARA continuera de nous soutenir aux niveaux financier et logistique pour les prochaines éditions de l’IRCI (tous les deux ans). Par ailleurs, il est important que le CLARA continue de financer des projets de recherche innovants, en particulier en immunologie, compte tenu de l’essor de l’immunothérapie des cancers.

03/07/2017


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