Zoom sur Virginie Petrilli, chef de l’équipe Inflammasome et cancer, labellisée FRM

Virginie Petrilli, chercheuse au CNRS, anime une équipe intitulée « inflammasome et cancer » dans le Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon depuis 2012. Initialement créée grâce à l’appel d’offre ATIP-AVENIR (via le soutien du Plan Cancer), puis soutenue par la Ligue contre le Cancer comité de l’Ain, son équipe a cette année obtenu la labellisation FRM pour poursuivre ses travaux à l’interface entre inflammation et cancer.

La réponse inflammatoire est une réponse de notre système immunitaire permettant à l’organisme de se défendre face à une infection ou de réparer un tissu ayant subi une altération. L’inflammasome est un complexe protéique de l’immunité innée, régulant l’activité biologique de certaines cytokines proinflammatoires à savoir l’IL-1b et IL-18. Ces molécules contribuent à l’orchestration de la réponse inflammatoire. Dans le contexte du cancer, il est maintenant admis que la cellule tumorale manipule et détourne la réponse inflammatoire à son avantage pour lui permettre de croitre et d’échapper à la destruction par les cellules immunitaires.

Votre équipe « Inflammasome et cancer » a été créée en janvier 2012, au CRCL grâce au programme ATIP-Avenir du CNRS et de l’Inserm. Quel a été votre parcours depuis la thèse ?

En 2004, j’ai obtenu un doctorat de biochimie et biologie cellulaire de l’UCBL1. Mon sujet de thèse, effectué sous la direction du Dr WANG au CIRC, s’est rapidement orienté vers la régulation de la réponse inflammatoire. Afin d’en connaître davantage sur la biochimie de l’inflammation, j’ai choisi d’effectuer mon travail de postdoctorat dans le laboratoire Pr Tschopp à l’Université de Lausanne en Suisse qui venait de découvrir un nouveau complexe régulant l’inflammation et qu’il a appelé l’inflammasome. Ce fut une expérience extrêmement enrichissante et productive. C’est une chance de pouvoir travailler sur un nouvel acteur car tout reste à découvrir, en particulier les activateurs et les mécanismes régulateurs de ce complexe. A l’issue de ces quatre années en Suisse, j’ai passé les concours du CNRS pour rentrer à Lyon dans l’UMR5201 dirigée par Marc Billaud. Puis lors du regroupement des différentes unités de recherche lors de la création du nouveau centre de recherche en cancérologie de Lyon CRCL, j’ai eu l’opportunité de monter ma propre équipe grâce au programme Atip-Avenir.

Vous venez d’obtenir une labellisation de votre équipe par la fondation pour la recherche médicale (FRM). Quels sont vos projets actuellement en développement ?

A mon arrivée au CRCL, j’ai tout d’abord cherché à comprendre si l’inflammasome est lui-même manipulé par la tumeur en utilisant des modèles pré-cliniques de cancer du sein et du poumon. Puis, de façon originale, les travaux de mon équipe ont mis en évidence une fonction nouvelle pour une protéine de l’inflammasome dans la détection des dommages à l’ADN et l’activation des voies de signalisation nécessaires à la préservation de l’intégrité du génome dans les cellules épithéliales pulmonaires. Grâce au soutien de la FRM, l’équipe s’attachera à mieux comprendre les nouvelles fonctions de cette protéine de l’inflammasome dans la préservation de l’intégrité du génome et à établir son potentiel rôle de gène suppresseur de tumeur.

Quel soutien le Cancéropôle CLARA vous a-t-il apporté et comment voyez-vous son action à l’avenir ?

 Depuis mon arrivée sur Lyon, je participe régulièrement au Forum de la Recherche en Cancérologie du CLARA. Cet événement donne l’opportunité de rencontrer et d’échanger avec les acteurs en cancérologie de la région.

Les appels à projets du CLARA comme OncoStarter permettent d’initier des projets collaboratifs et d’obtenir les résultats préliminaires nécessaires pour répondre aux futurs AO nationaux. En 2016, avec la Pr Sylvie Lantuejoul nous avons déposé et obtenu un projet OncoStarter visant à étudier la contribution de la protéine de l’inflammasome décrite ci-dessus dans la réponse aux stress génotoxiques dans les mésothéliomes. Ce soutien nous permet de démarrer un travail collaboratif basé sur la collection de tumeurs du réseau Mésobank et Mésopath (Prs F Gallateau-Sallé S Lantuejoul) et d’étendre nos observations sur le cancer du poumon au mésothéliome. Grâce aux résultats obtenus, nous pourrons répondre aux AO de l’INCa.

En 2016, j’ai été invitée par le CLARA à participer au 5ème Symposium franco-chinois sur la recherche en cancérologie. Au cours de ce voyage  les équipes de recherche d’Auvergne-Rhône-Alpes travaillant sur des thématiques liées au cancer du poumon ont établi les bases d’une collaboration entre le Shanghai Pulmonary Hospital et Tongji University. 

15/05/2017


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