Zoom sur Emmnanuel Blanc, Directeur Recherche et Développement d’EDAP TMS France

Emmanuel Blanc est ingénieur en mécanique, acoustique et vibration, diplômé de l’Université de Technologie de Compiègne (UTC). Il a rejoint la société EDAP-TMS en 1989 comme ingénieur développement. En 1991 il a pris en charge le développement de l’ABLATHERM®, dispositif médical utilisant les ultrasons focalisés (HIFU) pour le traitement du cancer localisé de la prostate. Il a été successivement impliqué dans le développement de la technologie HIFU, les essais pré cliniques et cliniques, la conception industrielle du produit et son lancement commercial. Aujourd’hui directeur du département Développement, il intervient dans les différents programmes de coopération avec les partenaires de la société EDAP-TMS en particulier l’INSERM et différentes structures hospitalières et industrielles.

Installée à Lyon-Vaulx-en-Velin, EDAP TMS est aujourd’hui leader mondial des thérapies ultrasonores appliquées au traitement des cancers. Présent sur le marché depuis plus de 35 ans, EDAP TMS développe, produit et commercialise des dispositifs médicaux mini-invasifs pour l’urologie.

Vous étiez l’invité de la session Success Story à l’occasion du Research2Business Oncology Meeting, du CLARA le 7 décembre dernier. Pourriez-vous revenir sur la collaboration vertueuse de longue date entre EDAP TMS et le laboratoire INSERM 1032 LabTau ?

La société EDAP-TMS a été créée suite à un transfert de technologie avec le LabTau il y a 35 ans. Cette première expérience réussie a donné lieu à d’autres projets de collaboration et transfert, certains dans la continuité de ce premier essai, d’autres radicalement différents. Ces programmes ont abouti à la gamme actuelle de produits de la société EDAP-TMS (Lithotritie extracorporelle pour le traitement des lithiases urinaires et ultrasons thérapeutiques pour le traitement des cancers de la prostate). D’autres start-up sont également nées des travaux de recherche du laboratoire LabTau portant sur d’autres applications cliniques des ultrasons thérapeutiques.

La rencontre du monde de la recherche avec le monde industriel n’est pas immédiatement opérationnelle. Il faut apprendre à se connaître, à gérer des contraintes et calendriers différents. Une étape importante est franchie lorsque chacun a reconnu les apports de l’autre et compris que l’innovation résulte à la fois d’une idée originale et de sa diffusion industrielle. Il faut également mettre en place le cadre juridique qui permettra la valorisation future des travaux. C’est sans doute ce dernier point qui est le plus difficile, non pas par réticence des uns ou des autres, mais du fait qu’il faut définir des règles en se basant sur des projections d’activités qui restent le plus souvent très hypothétiques au moment où elles doivent être écrites.

Il est par la suite indispensable de maintenir cette collaboration. Tout d’abord l’investissement de chacun des acteurs a été important et il convient de le préserver. Mais surtout toutes les ressources de l’industriel et plus particulièrement celles de la start-up sont focalisées sur le produit en développement. Elles doivent en assurer et en suivre la performance au quotidien. Ce regard en permanence tourné vers les utilisateurs peut détourner l’industriel des travaux amont de R&D. Mais les chercheurs et cliniciens à l’origine de l’idée de départ, ne sont-ils pas les mieux placés pour la faire progresser, la challenger et en imaginer de nouvelles ? C’est à ce stade que le partenariat prend réellement tout son sens et son essor.

Quel soutien le Cancéropôle CLARA a-t-il pu vous apporter ?

Le CLARA accompagne nos collaborations avec le laboratoire LabTau depuis 2006 au travers de son programme de financement Preuve du Concept CLARA dirigé vers les académiques (chercheurs et cliniciens). Ce programme, audité par les experts scientifique du CLARA, donne à l’industriel un argumentaire solide pour, le cas échéant, obtenir des fonds complémentaires afin de couvrir les investissements industriels. Ce schéma a permis le développement d’un équipement prototype pour le traitement par ultrasons focalisés des métastases hépatiques utilisé aujourd’hui au Centre Léon Bérard dans le cadre d’essais cliniques. Une version préindustrielle est en cours de développement.

Les ultrasons présentent, entre autres, l’avantage de pouvoir traiter des tumeurs situées à proximité des structures vasculaires difficilement accessibles au chirurgien et nous pensons évaluer cette technologie dans le traitement des tumeurs du pancréas. Pour ce programme, nous avons alors sollicité le CLARA lors d’un nouvel appel Preuve de Concept.

Notre projet PANTTUS a été retenu et EDAP-TMS a déjà procédé au recrutement d’un étudiant en thèse CIFRE pour conduire ces travaux.

Quelles sont vos projets avec le CLARA demain ?

Le rôle des dispositifs médicaux dans le traitement des cancers est croissant. En effet, au même titre que tout autre produit de la vie courante, ceux-ci bénéficient des progrès de l’électronique et de l’informatique pour leur miniaturisation et l’augmentation de leur performance. Pour les mêmes raisons l’imagerie médicale progresse également et c’est très naturellement que ces deux domaines se rejoignent pour proposer aux chirurgiens, radiologues interventionnels, radiothérapeutes etc … des dispositifs de thérapie guidés par l’image plus précis et plus performants, offrant des alternatives thérapeutiques nouvelles, efficaces et moins morbide.

Cette évolution n’a pas échappé au CLARA. Afin d’inclure les technologies de la santé dans ses domaines d’activité, le CLARA a ainsi proposé à EDAP-TMS d’intégrer son conseil d’orientation et de surveillance pour la période 2018-2022.

12/12/2017

 


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