Zoom sur le programme LYriCAN

Interview de Marina Rousseau-Tsangaris (Coordonnatrice) et Stéphanie Cox (Animation scientifique)

Au terme d’un appel à candidatures lancé en avril 2017, l’Institut National du Cancer a labellisé 8 sites de recherche intégrée sur le cancer (SIRIC) au niveau national. Lyon fait partie des lauréats, avec le programme LYriCAN pour Lyon recherche intégrée en cancérologie. Quels sont les objectifs scientifiques du LYriCAN et quelle ambition ?

Le LYriCAN, dont la direction est assurée par le Pr Jean-Yves Blay, est un projet porté par le Centre Léon Bérard et les Hospices Civils de Lyon, sous l’égide du GCS-LCU (Groupement de Coopération Sanitaire – Lyon Cancérologie Universitaire). Le LYriCAN propose un projet ambitieux centré autour de la plasticité cellulaire pour le développement de thérapies innovantes, décliné en trois grands programmes de recherche intégrée (IRP). Le premier programme (IRP1 – Coordonné par C Caux, A Traverse-Glehen et N Bendriss-Vermare) est focalisé sur l’identification de nouvelles molécules au niveau des cellules tumorales, mais aussi sur les cellules du contingent immunitaire, dont le ciblage permettrait d’interférer dans les mécanismes d’adaptation ou de résistance. Dans le second programme (IRP2 – Coordonné par P Saintigny, S Dalle et A Dufresne), les mécanismes de résistance et les combinaisons de traitement sont au cœur des différents projets de recherche. Enfin, le troisième programme (IRP3 – Coordonné par AL Giraudet, D Sarrut et A Dupré) propose d’aborder les problèmes de plasticité au niveau macroscopique, par l’utilisation d’agents physiques, et en améliorant les paramètres liés au patient par une approche de modélisation. Le LYriCAN est caractérisé par l’intégration des  sciences humaines et sociales au sein des 3 programmes. Des workpackages dits « support » sont organisés de façon à apporter le soutien nécessaire en recherche clinique, bioinformatique, modélisation ou encore technologique.  A cinq ans, le LYriCAN a pour objectif de valider de nouvelles cibles thérapeutiques basées sur le concept de la plasticité.

Le modèle des SIRIC vise à réunir autour d’un même site plusieurs équipes de recherche multidisciplinaire, et des ressources et services communs. Que pouvez-vous nous dire sur les principaux protagonistes impliqués dans ce programme ?

Les deux premiers programmes du LYriCAN reposent principalement sur l’excellence de la recherche fondamentale réalisée au sein du Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon (CRCL ; Dir. A Puisieux). Le troisième programme quant à lui repose sur l’expertise des laboratoires Créatis (Dir. O Beuf) et LabTau (Dir. C Lafon). Le programme compte au total huit partenaires, dont l’Inserm, le CNRS, l’UCBL, le CIRC, le CRCL, l’INRIA, la fondation Synergie Lyon Cancer et l’ENS de Lyon, sans oublier les associations de patients qui soutiennent le LYriCAN (Europa Donna, France Lymphome Espoir, La Ligue Contre le Cancer-Comité du Rhône et Info Sarcomes).

LYriCAN représente une formidable opportunité pour la cancérologie régionale. Quelles synergies existent-ils entre le LYriCAN et le CLARA ?

Le LYriCAN est un site d’excellence de recherche intégrée lyonnais qui s’appuie sur le cancéropôle pour diffuser les résultats ainsi que toute innovation issue des programmes de recherche. Pour ce faire, des manifestations communes telles que le « Forum de la Recherche en Cancérologie Auvergne-Rhône-Alpes » peuvent être organisées conjointement, pour disséminer les avancées auprès des professionnels en recherche et santé, ainsi qu’au grand public. A l’initiative du CLARA et du LYriCAN, avec la participation de l’Université de Lyon et l’ENS de Lyon, la création d’une chaire d’excellence en Sciences Humaines et Sociales a pu voir le jour en 2018, et cette concrétisation est un exemple de fort de synergie. Le CLARA, de par sa vocation régionale, peut s’appuyer sur les études cliniques issues du LYriCAN pour communiquer et permettre à d’autres sites régionaux de participer et d’inclure des patients pour mettre l’innovation à portée du plus grand nombre de patients de la région Rhône-Alpes Auvergne.

17/05/2018


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