Zoom sur : Le programme structurant APA-GL : Activité Physique Adaptée Grand Lyon

Labellisé en 2016 « Projet structurant du CLARA » et soutenu par la Métropole de Lyon, le programme de recherche « Activité Physique Adaptée Grand Lyon (APA-GL) » a pour objectif d’étudier l’activité physique et les comportements nutritionnels chez les patientes atteintes de cancer du sein, pendant et après les traitements.

Avec près de 50 000 femmes atteintes par an en France, le cancer du sein constitue la première cause de cancer chez la femme. En plus de la radiothérapie, près de 30 000 femmes par an atteintes de cancer du sein localisé bénéficient de traitements adjuvants après la chirurgie et la survie est supérieure à 80% à 5 ans. Ces traitements s’accompagnent fréquemment d’une fatigue et d’une prise de poids, pendant et après les traitements. Il a été démontré dans des essais randomisés que l’activité physique (AP) pouvait améliorer l’observance des traitements, la qualité de vie, la condition physique après la maladie, la fatigue et l’image de soi des patientes. La pratique d’une activité physique pendant et après les traitements permet également de prévenir une prise de poids, de lutter contre le surpoids et l’obésité, facteurs probables de mauvais pronostic et d’améliorer la survie des patientes.

Si la promotion systématique dans le parcours de soin de la pratique d’une AP et de comportements nutritionnels adaptés chez les patients atteints de cancer fait l’objet de plusieurs recommandations nationales, les modalités de mise en œuvre dans le parcours de soins des patientes restent à définir. 

Associant les Hospices Civils de Lyon, le Centre Léon Bérard, le Groupe de Recherche en Psychologie Sociales (GREPS), l’Equipe de Recherche de Lyon en Sciences de l’Information et de la Communication (ELICO) et le CLARA, le projet APA-GL se découpe en trois volets complémentaires :

SPENCER

L’étude observationnelle SPENCER porte sur l‘évaluation de la modification de la qualité de vie pendant le traitement d’un cancer du sein, sur des aspects physiques, nutritionnels, cognitifs. Piloté par la Pr. Sophie Jacquin-Courtois des Hospices Civils de Lyon, l’étude prévoit le recrutement de 200 patientes à partir de septembre 2018 pour définir des typologies de patientes et la cinétique d’installation des symptômes au cours du parcours de soins. Les conclusions de l’essai permettront de développer des approches d’activité physique et nutritionnelles adaptées.

DISCO

Coordonné par la Dr. Marina Touillaud du Centre Léon Bérard, l’essai clinique baptisée DISCO vise à évaluer l’efficacité d’un dispositif connecté dans le cadre d’un programme d’activité physique adaptée. Ouvert au recrutement de 400 patients depuis avril 2018, cette étude prévoit l’utilisation d’un bracelet connecté mesurant l’activité physique et notamment le nombre de pas d’une personne au quotidien. Un programme d’APA personnalisé est à réaliser à la maison avec des séances de marche via une approche de coaching sur smartphone et sur un site internet dédiée. Les données remontées par les bracelets ainsi que les informations déclaratives des patientes sur leur état de santé (symptômes, traitements en cours…) sont disponibles sur l’application. L’objectif est d’atteindre les recommandations internationales, c’est-à-dire pratiquer 150 minutes par semaine d’activité physique d’intensité modérée à élevée. Cette étude associe également des partenaires industriels, Orange Healthcare et Biomouv, et financiers, la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, la Fondation pour la recherche médicale, l’Institut National du Cancer et AG2R la Mondiale.

COCARUL

Le programme COCARUL s’intéresse aux représentations et usages des objets connectés et applications (OCA) de santé dans différentes populations. Il vise à évaluer l’acceptabilité des OCA de santé chez les patientes atteintes de cancer du sein et en appréhender les croyances et représentations. Coordonnée par la Pr. Marie Préau du GREPS et la Pr. Françoise PEQUIN-SEGUY (ELICO), l’étude se déploie en deux phases :

  • Un premier volet qualitatif ancré sur un recueil de données par focus groups constitués autour de femmes, patientes et citoyennes recrutées via la plateforme des Seintinelles
  • Un second volet quantitatif par auto-questionnaire mis en place sur la base des données issues du recueil qualitatif

Par sa structuration, le programme APA-GL propose un véritable bénéfice à l’avenir pour la prise en charge en AP dans le parcours de soins des patientes atteintes de cancer du sein. Ce projet contribuera de façon significative aux actions de prévention secondaire et tertiaire des cancers sur le territoire de la Métropole de Lyon. Cette collaboration participera in fine à la visibilité des expertises régionales dans ce domaine de recherche sur le plan national.

 

Avec le soutien de

02/07/2018

 


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