Femmes scientifiques : passer à la vitesse supérieure ! | #1 – Dossier Pop’Sciences : Filles et femmes en sciences : réfléchir ensemble à nos postures.
« Au-delà des déclarations d’intention, la place des femmes dans les carrières scientifiques demeure trop timide en France, particulièrement pour les sciences dites dures[1]. Selon l’astrophysicienne Isabelle Vauglin, Vice-présidente de l’association « Femmes & Sciences », les causes sont ancrées dans la mémoire collective. Lors du séminaire Pop’Sciences du 28 novembre 2025, la chercheuse a dressé un état des lieux vigilant et plaidé pour une science qui ne peut se faire sans les femmes.«
Quelle est la présence des femmes dans les carrières scientifiques ? Si l’on consulte le bilan social 2023 du CNRS, celui-ci affiche une quasi-parité avec une proportion de 44 % de femmes. Mais, le diable est dans les détails… Car, quand on regarde de plus près, on constate que la répartition des femmes dans les différents métiers est loin d’être homogène : les sciences dures accueillent seulement 10,5 à 20% de femmes en physique, informatique, nanotechnologie, électronique, mécanique, matériaux, maths parmi les chercheurs. Et l’on n’entrevoit pas d’évolution possible dans les années à venir. À l’inverse, les sciences humaines et sociales sont investies par une large majorité de femmes (64 à 72 % en anthropologie, sciences du langage, gestion de la recherche). Or, comme Isabelle Vauglin le rappelle : « Pour être efficace et productive, la science a besoin d’être mixte et non pas genrée ».
La comparaison avec nos voisins européens n’est pas plus réjouissante. Le Gender Scan étudiants[2] fait apparaître en Europe, pour la période 2013-2020, une progression globale des femmes diplômées de 19 % dans les STIM (Sciences, Technologies, Ingénierie, Mathématiques). Alors que la France affiche, sur la même période, un recul de 6 %…
« Les cerveaux roses et les cerveaux bleus, ça n’existe pas »