Innover en cancérologie, c’est mobiliser des approches et des expertises complémentaires pour mieux prévenir, comprendre, détecter et traiter la maladie.
À travers sa cartographie, le CLARA met en lumière la richesse de l’écosystème régional et les projets qui contribuent à faire avancer la recherche en cancérologie en Auvergne Rhône-Alpes. Derrière chaque point se trouve un projet, une expertise, un collectif … et des personnes.
Et plus précisément, derrière chaque point, se trouve un collectif ayant porté un ou plusieurs projets sur le cancer du sein. Au total, ce sont 23 projets de recherche à minima que le CLARA a soutenu sur le territoire régional depuis de nombreuses années.
À l’occasion d’Octobre Rose, nous vous proposons de découvrir trois projets de recherche sur le cancer du sein, chacun illustrant l’un des trois domaines d’innovation dans lesquels le CLARA accompagne et valorise les dynamiques régionales :



« Quand la technologie s’invite dans le dépistage du cancer du sein »
Soutenu par le CLARA dans le cadre de l’édition 2021 de l’appel à projets OncoStarter, le projet PHI-BRA explore le potentiel d’un prototype de brassière connectée pour développer une approche non invasive du dépistage du cancer du sein.
Mené par Marion Cortet aux Hospices Civils de Lyon, le projet a fait l’objet d’une étude pilote visant à évaluer les capacités d’un prototype de soutien-gorge connecté et à les comparer à celles de la mammographie Reposant sur des mesures électrophysiologiques, optiques et thermiques, ce dispositif non ionisant et indolore vise à distinguer les tissus mammaires sains des tissus présentant des lésions. Sur une période de six mois, l’étude a inclus des participantes sans cancer du sein ainsi que des participantes présentant des lésions suspectes. Cette technologie a pour finalité de de proposer une nouvelle méthode de dépistage aussi performante que la mammographie qui soit non irradiante et non douloureuse, et applicable hors centre spécialisé (cabinet médical du médecin traitant, sage-femme, domicile…).
Les travaux menés dans le cadre de PHI-BRA ont contribué à faire émerger Oncélia, entreprise créée pour poursuivre le développement de cette innovation, illustrant aussi la manière dont une innovation peut poursuivre son chemin et donner naissance à de nouvelles perspectives.
« A partir de l’innovation et de l’idée d’une ingénieure-docteure, Marie Valérie Moreno et de la rencontre avec notre service, nous avons pu montrer l’intérêt, dans une étude pilote, du dispositif PHIBRA permettant d’identifier les tumeurs. Par la suite, le lien s’est fait avec ONCELIA, pour développer la solution et organiser des études cliniques de plus grand envergure. Les services hospitalo-universitaires de la région répondent bien sûr présents pour participer au développement et à l’apport d’information et de données sur ce nouveau dispositif.«
« ONCELIA développe PHIBRA, une brassière intelligente qui porte une ambition forte : rendre la prévention du cancer du sein plus accessible et régulière, au plus près des femmes.
La création d’ONCELIA en 2026 marque une étape décisive pour transformer une innovation issue de la recherche en une solution concrète.
Actuellement en développement, PHIBRA fera l’objet d’une nouvelle étude clinique en 2027 au sein des HCL et du CHU de Saint-Étienne, dans la continuité des travaux menés aux HCL avec la Pr Marion Cortet et son équipe.
Cette aventure s’appuie sur un écosystème exclusivement régional, réunissant d’autres partenaires techniques publics et privés (le French POC, AQ-TECH, l’INL..) avec le soutien de Noveka, Lyonbiopôle, le CLARA et Minalogic dans l’écosystème d’accompagnement.
PHIBRA illustre ainsi la force de l’Auvergne-Rhône-Alpes : faire converger recherche, expertise médicale et innovation pour ouvrir de nouvelles perspectives en santé des femmes. »
Pr Marion Cortet & Aurélie Bègle, COO d’Oncelia.


« Quand la recherche biomédicale explore de nouvelles voies pour traiter les formes les plus complexes du cancer du sein. »
Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez les femmes. Lorsque la maladie se propage aux membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière, appelées leptoméninges, le pronostic devient particulièrement défavorable. En effet, les traitements les plus récents et efficaces contre les cancers du sein métastatiques peinent à atteindre cette zone protégée par une barrière naturelle qui empêche les médicaments de pénétrer suffisamment.
Pour répondre à ce défi, le projet BEATEN, porté par le Dr Louis Larrouquère au Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon et au Centre Léon Bérard et soutenu par le CLARA en 2023 dans le cadre du programme OncoStarter, a réussi une première scientifique : créer en laboratoire des lignées cellulaires issues de métastases leptoméningées de patientes atteintes d’un cancer du sein. Jusqu’à présent, ce type de culture cellulaire était considéré comme extrêmement difficile à obtenir. Ces modèles reproduisent fidèlement la maladie et permettent de tester de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Le projet vise à évaluer, chez la souris, l’efficacité de deux traitements innovants déjà utilisés contre le cancer du sein métastatique : le trastuzumab-deruxtecan et le sacituzumab-govitecan. L’idée est de comparer leur administration classique par voie sanguine à une injection directe dans le liquide céphalo-rachidien, au plus près des cellules tumorales. Les chercheurs mesurent également la quantité de médicament atteignant le système nerveux afin de vérifier que les concentrations obtenues sont suffisantes pour bloquer la progression de la maladie.
L’objectif final est de produire les données précliniques nécessaires au lancement d’un futur essai clinique chez les patientes. À terme, cette approche pourrait ouvrir la voie à de nouvelles options thérapeutiques pour une complication du cancer du sein aujourd’hui encore très difficile à traiter.
Découvrir le projet en vidéo !

« Grâce au soutien OncoStarter 2023 du CLARA, notre projet BEATEN a permis d’explorer une nouvelle approche contre les métastases leptoméningées du cancer du sein, une complication particulièrement grave de la maladie.
Nous avons évalué deux traitements innovants, le trastuzumab deruxtecan et le sacituzumab govitecan, dans deux modèles expérimentaux reproduisant la maladie à partir de cellules tumorales de patientes.
Leur administration directement dans le liquide entourant le cerveau a montré une bonne tolérance et une efficacité supérieure à la voie intraveineuse, notamment avec le sacituzumab govitecan.
Ces résultats prometteurs, en cours de valorisation scientifique, ouvrent la voie à un premier essai clinique de phase I, actuellement en attente d’un financement de l’ARC.
Nous poursuivons également l’évaluation de nouvelles molécules grâce à ces modèles.
Ce projet illustre le dynamisme de la recherche en Auvergne-Rhône-Alpes, porté par les collaborations entre le Centre Léon Bérard, le CRCL et les Hospices Civils de Lyon, avec le soutien essentiel du CLARA »
Dr Louis Larrouquère

« Quand l’expérience des patientes et de leurs proches devient un levier d’innovation. »
Soutenu par le CLARA en 2022 dans le cadre du programme OncoStarter, le projet ANCOLIES, porté par Myriam Pannard au laboratoire Research on Healthcare Performance (RESHAPE), s’intéresse au vécu des troubles cognitifs liés aux traitements du cancer du sein, notamment aux difficultés de mémoire, de concentration ou d’attention rencontrées par certaines patientes.
Le projet adopte une approche dyadique, en s’intéressant à la manière dont les patientes et leurs proches vivent et appréhendent ensemble ces difficultés. Cette démarche permet de mieux comprendre les stratégies d’adaptation mises en place au quotidien et la manière dont la maladie et ses conséquences peuvent faire évoluer les relations et les rôles au sein du couple patient-proche. Le projet ANCOLIES s’inscrit également dans une démarche de recherche construite avec des partenaires patients, afin de mieux prendre en compte leur expérience et leurs besoins dans la production des connaissances.
À travers ANCOLIES, l’innovation ne repose pas uniquement sur une nouvelle technologie ou un traitement : elle consiste aussi à mieux comprendre l’expérience vécue du cancer et à faire évoluer les réponses apportées aux patientes et à leurs proches. Cette étude illustre ainsi le rôle des innovations sociales et des approches centrées sur les patients pour enrichir la recherche en cancérologie.

Illustration réalisée par Anne Bernardi lors de la soirée grand-public « Chercher, créer, s’engager : le cancer comme source de projets entre chercheurs et patients partenaires – parler du cancer autrement » le 13 novembre 2025.

« Le projet ANCOLIES porte sur les troubles cognitifs (pertes de mémoire, difficultés de concentration, etc.) faisant suite à l’hormonothérapie dans le traitement des cancers du sein. Il s’agit plus particulièrement d’exporer la qualité de vie des femmes ayant l’impression que leurs capacités cognitives ont diminué depuis la prise de ce traitement, ainsi que la qualité de vie de leurs proches. Bien que subtils au plan clinique, il apparaît que ces troubles cognitifs sont susceptibles d’altérer la qualité de vie des patientes, mais aussi de rendre difficile les relations entre les patientes et leurs proches. Cette recherche a ainsi permis de mieux comprendre comment les binômes de patiente et proche parviennent (ou non) à s’adapter mutuellement à la présence de troubles cognitifs.
Ce projet repose sur une démarche de recherche dite « communautaire », autrement dit l’ensemble des étapes de la recherche – depuis la recherche de financement jusqu’à valorisation scientifique et sociétale des résultats obtenus – sont réalisées par une équipe composée de chercheuses et de « patientes-chercheuses »: le groupe IMPAQT. Les patientes-chercheuses sont des femmes qui ont été atteintes de cancer et qui souhaitent aujourd’hui contribuer à la recherche aux côtés des chercheurs. Dans le cadre de ce projet, elles ont notamment été – pour celles qui le souhaitaient – formées à la passation d’entretiens de recherche, ce qui leur a permis de contribuer activement aux recueils des données. Le projet est toujours en cours de valorisation tant au niveau scientifique que sociétal: nous avons communiqué dans lors d’événements scientifiques et grand publics, nous travaillons sur la publication scientifique des résultats et plus récemment nous avons commencé à travailler sur un projet de bande dessinée aurtout de la démarche du groupe IMPAQT. Nous avons eu la chance de bénéficier du soutien et de la confiance du Cancéropôle dès la constitution du groupe IMPAQT qui est engagé depuis de nombreuses années aux côtés des chercheurs qui souhaitent développer des recherches participatives. »
Dr Myriam Pannard
De la technologie au biomédical, en passant par les innovations sociales, ces trois projets montrent la diversité des approches qui font avancer la recherche sur le cancer du sein en Auvergne-Rhône-Alpes. Ils illustrent aussi différents chemins de l’innovation : explorer une technologie, mieux comprendre l’expérience des patientes et de leurs proches, ou développer de nouvelles stratégies thérapeutiques. Cette sélection n’en est qu’un aperçu : derrière chaque point de la cartographie du CLARA se trouvent d’autres projets, équipes, établissements et expertises à découvrir.
Pour aller plus loin et :