Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent en France et représente la première cause de décès par cancer chez la femme (source : Santé Publique France). Chaque année, 22 000 femmes subissent une mastectomie totale, c’est-à-dire le retrait de l’intégralité du sein. Suite à cette ablation, elles ont la possibilité de choisir la reconstruction du volume de leur sein ou de garder un buste plat. Parmi elles, on estime que 30% s’engageraient dans la reconstruction mammaire (source : Haute autorité de santé info patientes – 2803). Une décision très personnelle, complexe et difficile pour les patientes au cours de leur parcours de soin.
Face à ce constat, Corinne Rochette, co-directrice de la chaire de recherche Santé et Territoire de l’Université Clermont Auvergne, a dirigé un projet de recherche afin d’évaluer l’intérêt d’un dispositif de « patientes partenaires » pour accompagner les femmes confrontées à ce choix.
Près d’un millier de patientes du Centre Jean Perrin, qui ont subi une mastectomie entre 2018 et 2021, ont accepté de compléter un questionnaire permettant aux scientifiques d’évaluer leur qualité de vie.
Les résultats révèlent qu’environ une femme sur quatre exprime une insatisfaction persistante. Les difficultés évoquées concernent l’angoisse, l’acceptation de la maladie, l’apparence physique, l’image de soi ou encore le retour à la vie professionnelle.
Mais cette enquête a aussi fait émerger un message encourageant : une large majorité estime qu’un échange avec des patientes ayant vécu le même parcours pourrait apporter une aide et un réconfort. Des histoires de vie, l’écoute d’un témoignage, la possibilité de poser librement des questions ou être rassurée par une personne ayant connu les mêmes doutes sont vus comme un véritable soutien.